L'auteur

Titulaire d'un Doctorat en philosophie et d'une maîtrise en histoire, l'auteur est restée fidèle à ses deux «initiateurs» en philosophie, Nietzsche et Kierkegaard, mais admire tout autant Spinoza, Russell...
Marie-Pierre Fiorentino

jeudi 10 juillet 2014

Montrer le plus tôt possible des œuvres d’art aux enfants?


 À Sissi


Montrer le plus tôt possible des œuvres d’art aux enfants pour qu’en s’imprégnant de la beauté que les hommes savent créer, ils deviennent des adultes délivrés du besoin de s’inventer un dieu ou un État idéal leur promettant un futur illusoire au prix de la dévastation du monde.

Mais si ce besoin les submergeait malgré tous nos efforts de réalisme paisible, pour qu’au moins ils façonnent ce dieu ou ces lois comme les créateurs leurs œuvres : en n’oubliant jamais qu’ils en sont les auteurs et que ce que l’homme a librement fait naître, il n’a pas de raison de s’y soumettre.

Montrer le plus tôt possible des œuvres d’art aux enfants en se révoltant contre l’objection absurde “ ils sont encore trop jeunes ”.  Même les fanatiques religieux et les extrêmistes politiques n’ont pas la stupidité de croire qu’il faudrait d’abord faire vivre les enfants dans un monde spécifique. Ces manipulateurs les embrigadent, justement, le plus tôt possible. Mais à supposer qu’un cocon d’enfance coloré et naïf soit souhaitable, qu’on me prouve que l’art – un jardin à la française ou une sonatine, un tableau impressioniste ou une sculpture contemporaine… - n’y aurait pas sa place. Cet âge de l’avenir à inventer ne serait-il pas, au contraire, sa place privilégiée ?

Donc, montrer le plus tôt possible des œuvres d’art aux enfants pour leur laisser une chance de devenir leur propre maître.



Le Garn, juillet 2014